Les informations fournies dans cet article sont uniquement à titre informatif et ne constituent pas un conseil financier. Les investissements en cryptomonnaies comportent un degré de risque élevé. Effectuez toujours vos propres recherches.

Prêt de bitcoins en Autriche : quand l’impôt s’applique

Prêter des bitcoins et percevoir des intérêts : quand les revenus de prêt sont taxés à 27,5 % en Autriche et quel cours de conversion retenir.

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Prêt de bitcoins en Autriche : quand les revenus courants sont déjà imposés

Celui qui prête des bitcoins par l’intermédiaire d’une plateforme d’échange, d’un service de prêt ou d’un protocole DeFi perçoit le plus souvent une rémunération récurrente. Selon le produit, les prestataires la présentent comme des intérêts, des rewards, un rendement ou des revenus « earn ». Sur le plan fiscal, l’Autriche ne s’attache pas au nom commercial de l’offre.

Lorsque des bitcoins sont mis à la disposition d’un autre acteur du marché contre rémunération, les sommes perçues relèvent en principe des revenus courants tirés des cryptomonnaies. L’impôt devient généralement exigible dès que l’investisseur peut disposer de ces rewards. Une revente des bitcoins reçus contre des euros n’est pas nécessaire.

Il en résulte un risque particulier pour l’investisseur : l’impôt se calcule sur la valeur en euros au moment de l’encaissement. Si le cours du bitcoin recule ensuite, la charge fiscale peut dépasser la valeur que conservent les jetons reçus.

Qu’est-ce que le prêt de bitcoins ?

Dans le cadre d’un prêt de bitcoins, l’investisseur confie temporairement ses jetons à une plateforme, à une entreprise, à un emprunteur ou à un protocole décentralisé. Il perçoit en contrepartie une rémunération.

Selon le produit, les bitcoins ainsi mis à disposition peuvent servir à :

  • financer des crédits accordés à d’autres utilisateurs,
  • alimenter des positions de négociation en liquidité,
  • fournir des bitcoins à des acteurs institutionnels,
  • financer un pool de crédit géré de façon centralisée,
  • apporter de la liquidité au sein d’un protocole DeFi.

La rémunération peut être versée en bitcoins, en stablecoins, en d’autres jetons ou en monnaie légale. Elle est souvent créditée sur le compte de la plateforme chaque jour, chaque semaine ou chaque mois.

La loi autrichienne relative à l’impôt sur le revenu qualifie expressément de revenus courants tirés des cryptomonnaies les rémunérations versées pour la mise à disposition de cryptoactifs. Le ministère des Finances cite en particulier les intérêts issus du prêt de cryptomonnaies ainsi que les contreparties versées pour l’apport de cryptoactifs à des pools de liquidité et de crédit.

Le prêt de bitcoins est imposé au moment de l’encaissement

Le moment déterminant n’est pas la revente ultérieure des rewards, mais leur encaissement. L’ensemble des revenus courants tirés des cryptomonnaies doivent être valorisés à l’instant où ils parviennent à l’investisseur.

Un actif est en principe réputé encaissé dès lors que son bénéficiaire peut en disposer sur le plan juridique et économique. Sur une plateforme de prêt, il peut s’agir du moment où la rémunération est créditée sur le compte de l’utilisateur et où celui-ci peut la retirer, l’échanger, la transférer ou la replacer.

Un virement sur le compte bancaire n’est pas exigé. Un crédit en bitcoins ou en un autre cryptoactif peut déjà constituer une recette imposable.

Les moments d’encaissement les plus courants sont :

  • le crédit quotidien sur un compte de plateforme disponible,
  • le versement mensuel sur un portefeuille,
  • l’attribution de jetons de reward librement transférables,
  • le crédit automatique assorti d’un replacement immédiat,
  • le versement à l’échéance d’une durée de prêt fixe.

La question de savoir si une rémunération simplement affichée, mais pas encore disponible, est déjà encaissée dépend des conditions contractuelles. Lorsque l’investisseur ne peut ni disposer des jetons ni en exiger le versement, l’encaissement fiscal peut n’intervenir que plus tard.

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Une vente contre euros n’est pas requise pour la première imposition

Une idée reçue tenace veut que les gains en cryptomonnaies ne deviennent imposables qu’une fois l’argent arrivé sur le compte bancaire. En matière de prêt, ce raisonnement ne tient pas.

Les revenus courants sont imposés sur leur valeur au moment de l’encaissement. Il importe peu, en principe, que l’investisseur :

  • revende immédiatement contre euros les bitcoins reçus,
  • les laisse sur la plateforme,
  • les transfère sur un portefeuille matériel,
  • les reprête automatiquement,
  • les échange contre une autre cryptomonnaie.

Le ministère autrichien des Finances précise expressément que, pour les revenus courants tirés des cryptomonnaies, la base imposable est constituée par la valeur des cryptoactifs ou des autres rémunérations reçus au moment de l’encaissement.

Comment se calcule le revenu imposable d’un prêt de bitcoins

Lorsque les intérêts du prêt sont versés en bitcoins, la quantité reçue doit être valorisée en euros à la date de l’encaissement. La référence est en principe un cours disponible sur une plateforme d’échange. À défaut de cours de marché, le cours pratiqué par un négociant en cryptomonnaies peut être retenu.

Cette valeur en euros remplit deux fonctions :

  • elle constitue le revenu courant immédiatement imposable,
  • elle devient le prix de revient fiscal des jetons reçus.

Le règlement autrichien sur les cryptomonnaies impose expressément cette méthode de valorisation. Une valorisation opérée dans le cadre d’une retenue à la source sur les revenus de capitaux s’impose en principe également pour la déclaration.

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Exemple : une rémunération de prêt versée en bitcoins

Un investisseur prête des bitcoins par l’intermédiaire d’une plateforme. En juin, il perçoit 0,0005 BTC à ce titre. À la date du crédit, le cours du bitcoin s’établit à 60 000 euros.

Le calcul est le suivant :

Rémunération perçue : 0,0005 BTC
Cours du bitcoin à l’encaissement : 60 000 euros
Revenu imposable : 30 euros
Impôt à 27,5 % : 8,25 euros

Ces 30 euros constituent en même temps le prix de revient des 0,0005 BTC reçus.

L’investisseur doit donc tenir compte de 8,25 euros d’impôt alors même qu’il n’a perçu aucun euro et n’a vendu aucun jeton.

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Un second calcul peut intervenir lors de la revente

L’imposition à l’encaissement ne règle que le revenu courant du prêt. Si la valeur des bitcoins reçus évolue ensuite, une plus-value ou une moins-value supplémentaire apparaît lors de la cession.

Reprenons l’exemple :

  • valeur des bitcoins reçus à l’encaissement : 30 euros
  • cession ultérieure : 45 euros
  • plus-value de cession imposable : 15 euros
  • impôt supplémentaire à 27,5 % : 4,13 euros

Les 30 euros ne sont pas imposés une seconde fois. Ils forment le prix de revient. Seule l’appréciation de 15 euros survenue ensuite est en principe taxée lors de la vente.

Si la valeur recule au contraire de 30 à 20 euros, la cession ultérieure dégage en principe une perte de 10 euros. Celle-ci peut être imputée sur certains autres revenus de capitaux, dans les limites des règles légales de compensation des pertes.

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La baisse des cours peut créer un problème de trésorerie

L’imposition immédiate à la valeur d’encaissement devient délicate lorsque le cours du bitcoin recule nettement après le crédit.

Un exemple :

  • rewards de prêt à l’encaissement : 10 000 euros
  • impôt à 27,5 % : 2 750 euros
  • valeur des rewards à la date du paiement de l’impôt : 5 000 euros seulement

L’impôt initial ne diminue pas automatiquement au seul motif que le cours du bitcoin a reculé par la suite. La perte de valeur n’est en principe prise en compte qu’au moment de sa réalisation fiscale.

Si l’investisseur revend ensuite les jetons pour 5 000 euros, il subit une perte de 5 000 euros au regard d’un prix de revient de 10 000 euros. La possibilité d’utiliser intégralement cette perte dépend de l’existence, sur la même période, de revenus de capitaux positifs susceptibles d’être compensés.

Les investisseurs ne devraient donc pas considérer que les revenus de prêt sont intégralement disponibles pour un replacement. Une part de la valeur peut être nécessaire pour financer l’impôt à venir.

Le taux particulier de 27,5 % s’applique en principe au prêt de bitcoins

Les revenus courants tirés des cryptomonnaies relèvent en Autriche du taux particulier de 27,5 %. Ces revenus ne relèvent donc pas, en règle générale, du barème progressif applicable au reste des revenus.

Cette règle vaut généralement pour les produits de prêt proposés au public par les plateformes d’échange et les prestataires de services sur cryptoactifs, à condition que l’activité demeure dans le patrimoine privé et n’excède pas la simple gestion de patrimoine.

Le taux de 27,5 % couvre en principe aussi bien :

  • les rémunérations courantes du prêt,
  • que les appréciations ultérieures réalisées sur les jetons reçus.

Une exception peut exister pour les prêts privés de cryptomonnaies. Lorsque le contrat de mise à disposition sous-jacent n’a pas été proposé au public, en droit comme en fait, les revenus peuvent relever du barème progressif de l’impôt sur le revenu. Selon le revenu global, ce barème peut se révéler plus favorable ou nettement plus lourd que 27,5 %.

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L’appellation « staking » ne protège pas de l’impôt sur le prêt

De nombreuses plateformes commercialisent des produits rémunérés sous le nom de staking alors qu’aucun jeton n’est techniquement affecté à la validation d’une chaîne de blocs. Dans les faits, les actifs sont souvent mis à la disposition de la plateforme ou d’autres acteurs du marché.

Le staking authentique, au sens classique, reçoit en Autriche un traitement différent. Lorsque de nouvelles cryptomonnaies sont acquises en participant au traitement des transactions ou à la validation des blocs, aucune imposition n’intervient en principe à l’encaissement. Les jetons reçus sont alors inscrits pour un prix de revient nul, de sorte que la totalité du produit de cession peut devenir imposable lors d’une revente.

Cette exception ne vaut que pour de véritables opérations de staking. Le ministère des Finances met expressément en garde : des produits simplement désignés comme du staking peuvent constituer fiscalement du prêt. Lorsque l’opération s’analyse économiquement comme une mise à disposition de cryptomonnaies à titre onéreux, la rémunération est imposée dès l’encaissement.

Ce qui compte tient donc à la substance de l’opération, et notamment :

  • Qui peut disposer des bitcoins pendant la durée du contrat ?
  • Les jetons servent-ils à la validation de la chaîne de blocs ?
  • La plateforme obtient-elle la jouissance économique des actifs ?
  • Existe-t-il un droit au remboursement en bitcoins de même nature et de même quantité ?
  • Une rémunération fixe ou variable est-elle promise ?
  • L’investisseur supporte-t-il un risque de crédit ou de contrepartie ?

Une offre présentée comme du « Bitcoin staking » mérite un examen particulièrement attentif, puisque le bitcoin lui-même n’utilise aucun mécanisme classique de preuve d’enjeu.

Les revenus de la DeFi et des pools de liquidité relèvent aussi du prêt

Les règles autrichiennes ne se limitent pas aux plateformes d’échange centralisées. Les rémunérations issues de pools de crédit et de liquidité décentralisés peuvent tout autant constituer des revenus courants tirés des cryptomonnaies.

Le ministère des Finances cite expressément, parmi les cas d’application possibles, les contreparties versées pour l’apport de cryptomonnaies à des pools de liquidité ou de crédit. Le terme de liquidity mining est souvent employé.

Le traitement fiscal des produits décentralisés peut toutefois se révéler plus complexe. Selon le protocole, l’utilisateur reçoit par exemple :

  • des jetons de reward versés en continu,
  • une créance rémunérée sur le protocole,
  • des jetons de pool de liquidité,
  • un jeton dont la valeur croît en permanence,

plusieurs rémunérations différentes en même temps.

Toute appréciation d’un tel jeton ne constitue pas automatiquement un encaissement courant. Selon les cas, le revenu ne naît qu’au moment du remboursement, de l’échange ou de la disposition de la créance. La construction technique et juridique de chaque protocole doit donc être analysée individuellement.

Le dépôt des bitcoins ne se confond pas avec les intérêts

Le transfert des bitcoins vers un produit de prêt se distingue de l’imposition des rewards courants.

Dans une mise à disposition ordinaire, l’investisseur obtient un droit au remboursement des bitcoins ou d’une quantité équivalente. Le droit autrichien intègre également dans la notion de cryptomonnaie les créances de remboursement nées d’une mise à disposition de cryptoactifs.

La seule naissance d’une telle créance n’entraîne donc pas automatiquement l’imposition de l’intégralité de la plus-value latente sur le bitcoin. Le revenu courant naît en principe de la rémunération supplémentaire perçue.

L’appréciation exacte dépend toutefois du contrat. Lorsque l’utilisateur cède définitivement ses bitcoins contre un jeton de nature différente, un titre financier, une part de fonds ou un autre bien économique, un échange imposable peut se substituer à la simple opération de prêt.

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Le replacement automatique n’empêche pas nécessairement l’encaissement

De nombreuses plateformes créditent les rewards et les replacent immédiatement. L’utilisateur constate alors que son encours rémunéré progresse chaque jour ou chaque semaine.

Un replacement automatique ne signifie pas nécessairement qu’aucun impôt n’est dû. Si l’investisseur a d’abord disposé de la rémunération sur le plan juridique et économique et que celle-ci est ensuite replacée, deux opérations distinctes peuvent exister fiscalement :

  • l’encaissement d’un revenu de prêt imposable,
  • une nouvelle mise à disposition des jetons reçus.

L’existence effective d’un pouvoir de disposition dépend des conditions contractuelles. Il importe notamment de savoir si l’utilisateur pouvait désactiver le replacement automatique, retirer les rewards ou en disposer autrement. L’encaissement fiscal suppose en principe un pouvoir de disposition à la fois juridique et effectif.

Qu’en est-il en cas de période de blocage ?

Les produits à durée déterminée bloquent fréquemment les bitcoins pendant une période donnée. La plateforme peut afficher la rémunération en continu tout en ne la versant qu’au terme du contrat.

Le simple affichage de revenus attendus ne constitue pas nécessairement un encaissement fiscal. Lorsque l’utilisateur ne peut ni transférer ni retirer les jetons affichés et ne dispose d’aucun droit exigible à une disposition immédiate, l’encaissement peut n’intervenir qu’à la libération ou à l’échéance.

La situation diffère lorsque la plateforme crédite les rewards de façon irrévocable et se borne à retarder techniquement le versement. La réponse ne peut donc pas se déduire des seuls termes « locked » ou « fixed ».

Les investisseurs devraient conserver les conditions générales ainsi que leurs relevés de compte. Ces documents devraient faire apparaître :

  • quand le droit prend naissance,
  • quand les rewards sont définitivement crédités,
  • quand ils deviennent disponibles,
  • s’ils peuvent être perdus par anticipation,

si un versement demeure possible pendant la durée du contrat.

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Les avoirs anciens se compliquent avec le prêt de bitcoins

Les bitcoins acquis jusqu’au 28 février 2021 inclus sont en principe considérés comme des avoirs anciens. Ils échappent dans un premier temps au nouveau régime fiscal autrichien des cryptoactifs.

Lorsque ces avoirs anciens sont toutefois employés après le 28 février 2022 pour dégager des revenus courants en cryptomonnaies, le nouveau régime s’applique déjà aux rewards ainsi obtenus. Les rémunérations de prêt perçues sont assimilées à des avoirs nouveaux.

Autrement dit :

  • l’encours ancien de bitcoins reste à examiner séparément,
  • les rewards de prêt qui en découlent sont en principe imposés à l’encaissement,
  • les jetons de reward sont fiscalement réputés nouvellement acquis,
  • leur revente ultérieure suit en principe les règles applicables aux avoirs nouveaux.

L’emploi d’anciens bitcoins dans un produit de prêt mérite une documentation soigneuse. Selon la rédaction du contrat, il peut également falloir vérifier si la mise à disposition affecte la qualification fiscale antérieure de l’encours d’origine.

Prestataire autrichien ou étranger ?

Lorsqu’un redevable établi en Autriche est tenu d’opérer la retenue, l’impôt sur les revenus de capitaux peut être prélevé directement par le prestataire et reversé à l’administration fiscale. Pour les revenus de capitaux dégagés après le 31 décembre 2023, certains débiteurs autrichiens et prestataires de services sur cryptoactifs sont en principe soumis à cette obligation de retenue. Une fois le prélèvement correctement opéré, l’impôt sur le revenu est généralement acquitté.

Depuis l’année civile 2025, les redevables autrichiens doivent en outre fournir sur demande un reporting fiscal normalisé pour les revenus en cryptomonnaies. Celui-ci peut notamment détailler les revenus courants tirés de la mise à disposition de cryptoactifs.

Les plateformes étrangères, en revanche, n’opèrent fréquemment aucune retenue autrichienne. Les investisseurs résidents fiscaux d’Autriche doivent alors déterminer eux-mêmes leurs revenus et les déclarer dans leur déclaration d’impôt sur le revenu.

La localisation de la plateforme ne supprime pas l’obligation fiscale autrichienne. Ce qui compte avant tout, c’est le lieu de résidence fiscale de l’investisseur et l’État auquel une convention fiscale applicable attribue le droit d’imposer.

La retenue à la source étrangère peut entrer en jeu

Dans un prêt transfrontalier, d’autres États que l’Autriche peuvent faire valoir des prétentions. Pour l’application des conventions fiscales, le ministère des Finances assimile en principe à des intérêts les rémunérations versées pour la mise à disposition de cryptomonnaies à titre onéreux.

Selon le modèle de convention de l’OCDE, le droit d’imposer revient en principe à l’État de résidence du bénéficiaire. L’État de la source peut en outre disposer d’un droit d’imposition limité. Le taux de retenue effectivement applicable et la possibilité d’imputer en Autriche un impôt étranger dépendent de la convention fiscale en cause.

Avec les plateformes étrangères, les investisseurs devraient donc également vérifier si :

  • une retenue à la source a été prélevée,
  • une attestation fiscale est disponible,
  • la convention fiscale concernée autorise une imputation,

une demande de remboursement à l’étranger s’impose.

Que se passe-t-il en cas de faillite de la plateforme ?

Le prêt de bitcoins comporte un risque économique autant que fiscal. Selon le montage, l’investisseur transfère ses jetons à une plateforme et ne conserve qu’une créance de remboursement.

Lorsqu’un revenu de prêt a déjà été soumis à l’impôt et que la plateforme perd ensuite les jetons reçus ou devient insolvable, l’imposition initiale ne disparaît pas rétroactivement. La possibilité de traiter fiscalement en perte une défaillance ultérieure de la créance dépend de la construction juridique précise de celle-ci et des règles de compensation des pertes.

La situation est particulièrement délicate lorsque :

  • les rewards ont été imposés à des cours élevés,
  • les jetons n’ont pas pu être retirés,
  • le cours du bitcoin a ensuite reculé,

la plateforme s’est retrouvée ultérieurement en cessation de paiements.

La reconnaissance fiscale d’une perte ne saurait être présumée dans un tel cas sans examen individuel.

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Activité commerciale ou gestion de patrimoine privé ?

L’application du taux particulier suppose en principe que le prêt s’inscrive dans la gestion d’un patrimoine privé.

Lorsque l’activité excède ce cadre par sa nature et son ampleur, des bénéfices industriels et commerciaux peuvent apparaître. Le ministère des Finances cite en particulier le négoce professionnel de cryptoactifs et le minage professionnel parmi les cas susceptibles de relever du barème progressif. La distinction s’opère toutefois toujours au regard des circonstances de l’espèce.

Un montant investi élevé ne transforme pas à lui seul un prêt privé en activité commerciale. Peuvent notamment entrer en ligne de compte l’organisation mise en place, le caractère durable de l’activité, son ampleur, le recours à des capitaux extérieurs et la participation au commerce en général.

Les données à conserver pour un prêt de bitcoins

Pour chaque plateforme ou protocole de prêt, il convient de conserver au minimum les informations suivantes :

  • nature et quantité des bitcoins mis à disposition,
  • date du dépôt et du remboursement,
  • conditions contractuelles du produit de prêt,
  • durée et facultés de résiliation,
  • date de chaque crédit de reward,
  • montant de la rémunération en bitcoins ou en d’autres jetons,
  • cours en euros à chaque date d’encaissement,
  • source de cours utilisée,
  • retenue à la source pratiquée,
  • prix de revient des jetons de reward reçus,
  • ventes ou échanges ultérieurs,
  • frais de la plateforme,
  • adresses de portefeuille et identifiants de transaction,
  • reportings fiscaux et relevés de compte,

le cas échéant, les attestations fiscales étrangères.

Des rewards quotidiens peuvent engendrer un très grand nombre d’encaissements imposables distincts. Un logiciel fiscal spécialisé facilite l’analyse. Ses résultats devraient néanmoins être rapprochés des données réelles de la plateforme et de la construction juridique du produit.

Conclusion : les intérêts du prêt de bitcoins sont imposés dès leur perception

Le prêt de bitcoins peut générer en Autriche des revenus imposables courants avant même qu’un seul satoshi n’ait été vendu contre des euros. Ce qui compte en principe, c’est le moment où l’investisseur acquiert la disposition juridique et économique de la rémunération.

La valeur en euros des bitcoins reçus est alors :

  • enregistrée comme revenu courant tiré des cryptomonnaies,
  • imposée en principe à 27,5 %,

et conservée dans le même temps comme prix de revient des jetons de reward.

Si le cours progresse ensuite, une plus-value imposable supplémentaire peut apparaître lors de la revente. S’il recule, la perte fiscale ne se matérialise généralement qu’au moment d’une réalisation ultérieure.

Une vigilance particulière s’impose pour :

  • les rewards replacés automatiquement,
  • les périodes de blocage fixes,
  • les plateformes de prêt étrangères,
  • les produits de crédit commercialisés comme du staking,
  • les montages DeFi et les pools de liquidité,
  • les avoirs anciens en bitcoins,
  • les prêts privés de cryptoactifs non proposés au public,
  • l’absence de données historiques de cours et de transactions.

Les investisseurs devraient donc documenter davantage que leurs dépôts et leurs retraits. Pour le calcul de l’impôt, chaque crédit de reward disponible compte, y compris la valeur en euros qu’il représentait à cette date.

(Au 10 août 2026. Cet article ne constitue pas un conseil en investissement. Les cours et les grilles tarifaires évoluent ; vérifiez les conditions auprès du prestataire avant tout achat.)

Note de transparence : cet article a été rédigé avec le recours à l'intelligence artificielle et vérifié par notre rédaction avant publication. Tous les chiffres et les informations ont été recoupés avec les sources primaires citées dans le texte.

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