Mis à jour le 22 octobre 2026 : nouvelle consultation du registre de l'ESMA. BingX est agréé depuis le 13 octobre 2026, Webot, l'ancien Pionex US, dispose d'un agrément en Irlande, et l'entité juridique de Blockchain.com porte un nouveau nom.
Lorsque vous confiez votre argent à une plateforme crypto, vous lui confiez deux choses : vos avoirs et vos données. La réglementation est ce qui transforme cette confiance, d'un saut dans l'inconnu en une garantie juridique. Depuis que le cadre MiCA de l'Union européenne s'applique pleinement, au milieu de l'année 2026, la différence entre une plateforme réglementée et une plateforme non réglementée n'a jamais autant compté. Ce guide explique ce qu'est la réglementation des plateformes crypto, pourquoi elle existe, comment une plateforme obtient son agrément et comment les principaux cadres se comparent dans l'UE, aux États-Unis, au Royaume-Uni, en Asie et au Moyen-Orient.
Une licence MiCA dit si une plateforme peut servir des clients dans l'UE ; elle ne dit rien de ce que coûte un achat. Le tableau réunit les six plateformes agréées de notre comparatif, avec le pays de l'agrément et les frais de négociation publiés sur la page officielle de chaque prestataire, consultée le 11 octobre 2026.
| Plateforme | Agrément MiCA | Frais de négociation selon le prestataire | Pour qui |
|---|
| Coinbase | Luxembourg, via la filiale luxembourgeoise | Achat simple : frais Coinbase jusqu'à 1,875 % selon le moyen de paiement, plus un spread ; Coinbase Advanced fonctionne sans spread, avec des frais maker et taker | Débutants qui veulent une application très simple pour acheter des cryptomonnaies, puis un mode avancé |
| Bitpanda | Autriche (FMA), Allemagne (BaFin) et Malte (MFSA) | 0,99 % sur le Bitcoin, 1,49 % sur les autres cryptomonnaies, 2,49 % sur les actifs Spotlight ; Bitpanda Fusion à partir de 0,25 % | Investisseurs qui veulent cryptos, actions, ETF et métaux précieux sur un seul compte |
| OKX | Malte (OKX Europa) | Spot : 0,08 % maker et 0,10 % taker (utilisateur standard, niveau 1) | Traders actifs qui passent des ordres à cours limité |
| Bybit EU | Autriche (Bybit EU GmbH, Vienne) | Spot : 0,25 % maker et taker (VIP 0, grille unifiée depuis le 5 octobre 2026) | Traders qui veulent une grande sélection de cryptos chez un prestataire européen |
| Kraken | Irlande (Payward Europe Solutions) | 1 % en achat instantané et récurrent, 1,5 % en ordre personnalisé, spread inclus ; Kraken Pro avec frais maker et taker | Investisseurs qui cherchent une plateforme historique avec beaucoup de liquidité en euros |
| Crypto.com | Malte (Foris DAX MT) | Crypto.com Exchange : 0,25 % maker et 0,50 % taker (niveau 1) | Utilisateurs qui combinent application, carte Visa et récompenses en CRO |
Sources, consultées le 11 octobre 2026 : page d'aide Coinbase sur les frais (help.coinbase.com), document de transparence des coûts de Bitpanda (version 4.0.0 du 8 juillet 2026), page des frais d'OKX Europa (okx.com), grille de frais de Bybit EU (bybit.eu), grille de frais de Kraken (kraken.com/features/fee-schedule) et page des frais de Crypto.com Exchange. Les agréments proviennent du registre CASP de l'ESMA. S'y ajoutent selon le cas les frais du moyen de paiement et les frais de réseau lors d'un retrait vers un portefeuille personnel.
- Vous débutez : Coinbase et Bitpanda affichent le prix final avant l'achat et acceptent de petits montants. Bitpanda facture un tarif fixe connu à l'avance, Coinbase propose ensuite un mode avancé moins cher.
- Vous voulez payer le moins possible : OKX facture 0,08 % à 0,10 % sur le marché spot, soit environ 1 € pour 1 000 € d'achat avec un ordre taker.
- Vous voulez un prestataire agréé en France : Relai et Swissborg (BLOCKNODES SAS) figurent au registre avec un agrément délivré en France ; la liste complète se trouve plus bas sur cette page.
- Vous payez aussi au quotidien : Bitpanda et Crypto.com proposent une carte Visa, comparée dans notre comparatif des cartes crypto.
En France, l'AMF délivre les agréments de prestataire de services sur crypto-actifs (PSCA) prévus par le règlement MiCA. La période transitoire pour les anciens enregistrements PSAN a pris fin le 1er juillet 2026 ; depuis, seul l'agrément MiCA permet de servir des clients français. Pour comparer toutes les plateformes, agréées ou non, consultez notre comparatif des plateformes crypto.
Ce qui a changé depuis notre dernière consultation du registre
Nous avons de nouveau téléchargé le fichier du registre de l'ESMA le 21 octobre 2026 (données au 19 octobre 2026) et vérifié chaque prestataire de cette page par rapport à son entité juridique agréée. Par rapport à notre consultation du 30 septembre 2026, voici ce qui a changé :
- BingX est désormais agréé. Depuis le 13 octobre 2026, le registre recense BingX EU, entité juridique MEGE zweite GmbH, agréée par l'autorité autrichienne des marchés financiers (FMA). L'agrément couvre la conservation, l'échange de crypto-actifs contre des euros et contre d'autres crypto-actifs, ainsi que les transferts. Il vaut pour l'offre européenne sur bingx.eu, pas pour les autres sociétés BingX.
- Pionex : un agrément sous un autre nom. La marque Pionex n'a toujours aucune entrée. Webot, qui se présente comme l'ancien Pionex US, est en revanche agréé via Pionew Ireland Limited (Banque centrale d'Irlande, depuis le 18 décembre 2025). Notre version précédente ne le mentionnait pas.
- Plus d'agréments, surtout du côté des banques. Le fichier compte désormais 379 entrées, contre 364 début octobre. Parmi elles, 374 agréments sont valables aujourd'hui : deux ont pris fin et trois ne prennent effet qu'à une date ultérieure. La plupart des nouvelles entrées sont des banques coopératives allemandes. Deutsche Bank peut conserver et transférer des crypto-actifs pour ses clients depuis le 12 octobre 2026, et Openbank Deutschland pourra en outre exécuter des ordres sur crypto-actifs à partir du 23 octobre 2026.
- Blockchain.com figure désormais sous le nom de Blockchain.com Operations (Malta) Limited, auparavant Blue Cube (Malta) Ltd. Son agrément du 22 octobre 2025 est inchangé ; notre version précédente indiquait encore l'ancien nom.
- Toujours sans agrément : Binance, Bitget, MEXC, Bitunix, BloFin, Bitfinex, HTX et Nexo. Aucune société Binance n'y figure, pas même une filiale européenne.
Le registre ne recense que les agréments accordés. Vous pouvez vérifier chaque entrée vous-même dans le registre MiCA provisoire de l'ESMA.
La réglementation des plateformes crypto recouvre l'ensemble des lois, exigences d'agrément et obligations permanentes qui déterminent comment une plateforme de crypto-actifs peut opérer légalement, conserver les fonds de ses clients et proposer ses services dans une juridiction donnée. Dans le vocabulaire réglementaire, ces plateformes sont le plus souvent désignées comme prestataires de services sur crypto-actifs (Crypto-Asset Service Providers, CASP) ou Virtual Asset Service Providers (VASP).
Au fond, la réglementation répond à une question simple : qui a le droit d'exploiter une plateforme crypto, et sous quelles règles ? Une plateforme réglementée a été examinée par une autorité de surveillance financière, détient un agrément formel et fait l'objet d'un contrôle continu. Une plateforme non réglementée opère sans cette surveillance, et sans les protections qui l'accompagnent.
La réglementation couvre généralement les domaines suivants :
- Autorisation et agrément : la plateforme doit demander et obtenir une autorisation d'exercer.
- Exigences de fonds propres : des réserves minimales, pour garantir que la plateforme résiste aux périodes de tension.
- Règles de conservation : la manière dont les avoirs des clients doivent être stockés, séparés et protégés.
- Lutte contre le blanchiment (LCB) et le financement du terrorisme (FT) : y compris la vérification d'identité (KYC) et la surveillance des transactions.
- Protection des consommateurs : avertissements clairs sur les risques, comportement loyal et traitement des réclamations.
- Intégrité du marché : règles contre la manipulation de marché et les opérations d'initiés.
La réglementation n'est pas qu'un exercice administratif de cases à cocher. Elle existe pour résoudre des problèmes concrets qui ont coûté des milliards aux investisseurs au fil de l'histoire des crypto-actifs. Voici pourquoi elle compte.
Protéger vos avoirs et vos données
Une plateforme réglementée est tenue de protéger les avoirs de ses clients, généralement en séparant les fonds des clients de ceux de l'entreprise et en respectant des normes de conservation strictes. Si la plateforme fait faillite, les cadres réglementés donnent aux clients un droit bien plus solide sur leurs avoirs. Les plateformes non réglementées n'offrent aucune garantie de ce type : lorsqu'elles s'effondrent, les fonds disparaissent souvent purement et simplement.
Réduire la fraude et la criminalité financière
Les éléments montrant que la réglementation fonctionne sont solides. Une analyse de TRM Labs a établi que les Virtual Asset Service Providers, le segment le plus encadré de l'écosystème crypto, présentent des taux d'activité illicite nettement inférieurs à ceux de l'écosystème dans son ensemble, les autorités considérant de plus en plus les intermédiaires conformes comme des partenaires indispensables dans la lutte contre la criminalité financière.
Construire la confiance des institutions
Une réglementation claire est le pont entre les crypto-actifs et la finance établie. En 2025, environ 80 pour cent des juridictions étudiées ont vu des institutions financières annoncer des initiatives autour des actifs numériques, les marchés dotés d'une réglementation claire et favorable à l'innovation, comme les États-Unis, l'UE et une partie de l'Asie, devenant les catalyseurs de la participation institutionnelle mondiale. Les banques et les gérants d'actifs ne touchent pas aux plateformes incapables de justifier d'un statut réglementaire.
La confiance côté consommateur
Lorsque vous pouvez vérifier qu'une plateforme est agréée et supervisée, vous pouvez décider en connaissance de cause où placer votre argent, au lieu de vous fier à la seule réputation d'une marque.
Devenir une plateforme agréée est un parcours exigeant, en plusieurs étapes. Les détails varient d'une juridiction à l'autre, mais le chemin type ressemble à ceci :
- Choisir la juridiction et l'autorité. La plateforme décide où déposer sa demande, en fonction du régime réglementaire, de l'accès au marché et des exigences d'agrément. Dans l'UE, elle choisit par exemple l'autorité nationale compétente (ANC) d'un État membre.
- Constituer une entité juridique. La plateforme doit établir une société dûment immatriculée dans la juridiction, avec une substance locale réelle : bureaux, personnel, direction.
- Bâtir un dispositif de conformité. Cela comprend la mise en place des processus LCB-FT, l'entrée en relation KYC, la surveillance des transactions et la Travel Rule, c'est-à-dire la transmission des données d'émetteur et de bénéficiaire lors des transferts.
- Satisfaire aux exigences de fonds propres et de gouvernance. L'entreprise doit détenir des réserves de capital minimales et démontrer une gouvernance solide, une gestion des risques et des contrôles de sécurité informatique.
- Déposer un dossier détaillé. C'est souvent la phase la plus longue. Sous MiCA, le délai d'examen d'une demande d'agrément CASP peut atteindre quatre mois une fois le dossier complet déposé, mais dans la pratique, les demandes initiales sont rarement complètes et des clarifications ou des modifications substantielles sont fréquemment exigées, ce qui allonge encore les délais.
- Passer l'examen et obtenir l'agrément. L'autorité examine la demande, le modèle économique, l'équipe dirigeante ainsi que la solidité financière et opérationnelle de l'entreprise.
- Maintenir la conformité dans la durée. Un agrément n'est pas un acquis ponctuel. Les plateformes restent soumises à une surveillance continue, à des obligations de déclaration et à des contrôles, et doivent respecter durablement les règles de conduite, les exigences prudentielles et les normes LCB.
Qu'est-ce que MiCA ? Le règlement européen sur les marchés de crypto-actifs
MiCA (Markets in Crypto-Assets Regulation) est le cadre réglementaire complet de l'Union européenne pour les crypto-actifs, largement considéré comme la réglementation crypto la plus étendue au monde. Il crée un corpus de règles unique et harmonisé dans les 27 États membres de l'UE et remplace la mosaïque de régimes nationaux qui prévalait auparavant.
La source officielle sur MiCA est l'Autorité européenne des marchés financiers (ESMA) : https://www.esma.europa.eu/esmas-activities/digital-finance-and-innovation/markets-crypto-assets-regulation-mica
Ce que couvre MiCA
Les règles de MiCA reposent sur trois piliers : les règles applicables à l'offre au public et à l'admission de jetons à la négociation, la fourniture de services sur crypto-actifs par des prestataires, et la prévention des abus de marché. MiCA impose aux plateformes actives dans l'UE d'obtenir un agrément CASP, de satisfaire aux exigences de fonds propres et de gouvernance et de respecter les règles de conduite et de protection des consommateurs, et une fois agréées, les plateformes peuvent faire « passeporter » leurs services dans toute l'UE.
Le « passeport » : la promesse centrale de MiCA
La caractéristique de loin la plus importante de MiCA est le passeport. Un agrément CASP délivré par un seul État membre vaut dans les 27 pays et dans l'EEE élargi : nul besoin d'un agrément distinct par pays. Un agrément, une activité partout. C'est précisément ce qui rend une licence MiCA unique si précieuse.
Dans les faits, cependant, la moitié des prestataires n'utilise pas ce passeport. Sur les 329 agréments recensés au registre de l'ESMA début août 2026, 125 ne couvrent qu'un seul pays, tandis que 150 en couvrent 25 ou plus. Entre les deux, presque rien : soit une activité purement nationale, soit une couverture d'emblée européenne.
L'échéance du 1er juillet 2026 : pourquoi le calendrier compte maintenant
C'est le contexte décisif pour quiconque choisit une plateforme aujourd'hui. La période transitoire de MiCA a officiellement pris fin dans toute l'UE le 1er juillet 2026 : après cette date, toute entité proposant des services sur crypto-actifs à des clients de l'UE sans agrément MiCA enfreint le droit européen et doit cesser de fournir ces services.
Les conséquences du non-respect sont lourdes. Les plateformes non agréées s'exposent désormais à des amendes pouvant atteindre 15 millions d'euros ou 12,5 pour cent du chiffre d'affaires annuel au titre de l'article 111 de MiCA, et l'ESMA a confirmé le 17 avril qu'aucune nouvelle prolongation de la période transitoire ne serait accordée.
Le marché s'est fortement concentré en conséquence. Les agréments sont très inégalement répartis : les cinq premières juridictions représentent à elles seules 56 pour cent du total, l'Allemagne arrivant largement en tête avec 72 agréments, devant la France, les Pays-Bas, Chypre et Malte. De grandes plateformes internationales comme Kraken, Coinbase, OKX, Crypto.com, Bitstamp et Bitpanda ont obtenu un agrément CASP, chacune via un État membre déterminé.
Le seul moyen fiable de confirmer qu'une plateforme est réellement agréée est le registre MiCA officiel de l'ESMA. L'ESMA invite les consommateurs à vérifier que l'entreprise qu'ils utilisent y figure bien comme agréée avant d'investir ou de transférer des fonds. Point décisif : la protection MiCA ne vaut que pour l'entité juridique précisément agréée dans l'UE, pas pour les sociétés affiliées ni pour celles agréées en dehors de l'Union européenne. Vérifiez donc soigneusement avec quelle entité vous avez contracté. Une marque connue ne dit rien : Kraken opère en Europe via Payward en Irlande, Crypto.com via Foris DAX MT à Malte, Coinbase via sa filiale luxembourgeoise.
Pour atteindre et maintenir une conformité MiCA complète, un CASP doit démontrer :
- des processus LCB-FT pleinement mis en œuvre, incluant les diligences à l'égard de la clientèle (CDD) et la Travel Rule ;
- des exigences de fonds propres et prudentielles adaptées aux services proposés ;
- la conservation et la ségrégation des crypto-actifs des clients ;
- des informations claires, y compris les livres blancs pour les offres de jetons ;
- des règles de bonne conduite et un traitement rigoureux des réclamations ;
- la prévention des abus de marché et l'enregistrement des carnets d'ordres.
Une remarque pratique importante pour les utilisateurs : sur la plupart des grands CASP, la négociation de stablecoins est aujourd'hui restreinte pour les actifs dont l'émetteur n'a pas obtenu l'agrément requis de jeton de monnaie électronique (EMT), ce qui a affecté la disponibilité de l'USDT sur plusieurs plateformes agréées, Tether n'ayant toujours pas obtenu d'agrément EMT à la mi-2026.
Des réglementations comparables à MiCA dans le monde
MiCA est le cadre le plus complet, mais loin d'être le seul. La plupart des grandes économies réglementent désormais les crypto-actifs plutôt que de les interdire, chacune avec son approche. Voici comment se comparent les principales régions.
États-Unis
Le paysage réglementaire américain a profondément changé en 2025. Le GENIUS Act, entré en vigueur le 18 juillet 2025, a créé le premier cadre fédéral complet pour les crypto-actifs de l'histoire des États-Unis. Au-delà des stablecoins, la législation sur la structure de marché progresse. Le CLARITY Act, texte majeur sur la structure de marché, chemine au Congrès et vise à délimiter clairement les compétences respectives de la Securities and Exchange Commission (SEC) et de la Commodity Futures Trading Commission (CFTC). Les principales autorités sont la SEC (https://www.sec.gov) et la CFTC (https://www.cftc.gov).
Royaume-Uni
Le Royaume-Uni a choisi une approche plus prudente et graduelle. Il ouvre l'agrément FCA aux entreprises crypto, son régime réglementaire visant une mise en œuvre en 2026-2027. Le cadre met l'accent sur la protection des consommateurs. L'approche britannique, supervisée par la Financial Conduct Authority (FCA), applique largement les protocoles LCB et KYC, établit un système d'agrément formel pour les plateformes et les conservateurs et impose des avertissements de risque clairs ainsi que des normes publicitaires. L'autorité compétente est la FCA (https://www.fca.org.uk).
Singapour
À Singapour, les plateformes et prestataires de services sur actifs numériques doivent être agréés au titre du Payment Services Act, respecter les obligations LCB et la Travel Rule ainsi que les normes de résilience opérationnelle et de cybersécurité, avec des exigences strictes de ségrégation des avoirs conservés. L'autorité compétente est la Monetary Authority of Singapore, MAS (https://www.mas.gov.sg).
Japon
Le Japon est l'un des marchés crypto les plus matures, encadré par son Payment Services Act. Dans sa version actualisée, seuls les banques, les sociétés fiduciaires et les prestataires agréés de transfert de fonds peuvent émettre des stablecoins adossés au yen, sous de strictes obligations de réserve, de conservation et de remboursement. L'autorité compétente est la Financial Services Agency, FSA (https://www.fsa.go.jp/en/), appuyée par l'organisme d'autorégulation JVCEA.
Émirats arabes unis
Les Émirats arabes unis se sont hissés au rang de hub crypto mondial avec une structure à plusieurs régulateurs. Le régulateur financier fédéral, la Securities and Commodities Authority (SCA), encadre les crypto-actifs à l'exception des stablecoins, tandis que deux zones franches financières, l'Abu Dhabi Global Market (ADGM) et le Dubai International Financial Centre (DIFC), appliquent leurs propres régimes. Dubaï dispose en outre de sa propre autorité crypto : la Virtual Assets Regulatory Authority (VARA) impose aux entreprises agréées le respect de la Travel Rule et des obligations LCB. Le site de VARA est https://www.vara.ae.
Autres cadres notables
- Hong Kong : applique un régime d'agrément des Virtual Asset Trading Platforms (VATP) sous l'égide de la SFC, qui ne donne aux particuliers accès qu'à des jetons de grande capitalisation examinés.
- Canada : encadre les entreprises crypto comme des Money Services Businesses, FINTRAC faisant appliquer les obligations LCB et la Travel Rule.
- Corée du Sud : la Financial Services Commission (FSC) et la KoFIU imposent des exigences strictes d'enregistrement et de Travel Rule au titre du Virtual Asset User Protection Act.
Coordination internationale
Au-delà des États, des instances internationales poussent à l'harmonisation des normes. Le GAFI, l'OICV, le CSF et l'OCDE plaident pour une mise en œuvre coordonnée afin de réduire les lacunes réglementaires transfrontalières ; le Crypto-Asset Reporting Framework (CARF), piloté par l'OCDE et approuvé par le G20, devant organiser l'échange d'informations entre administrations fiscales, avec de premiers échanges attendus en 2027.
MiCA étant désormais pleinement applicable et les cadres se durcissant partout dans le monde, l'ère de la plateforme non réglementée servant de grands marchés touche à sa fin. Une plateforme réglementée signifie que vos avoirs sont protégés par la loi, que vos données sont sécurisées, que la plateforme est supervisée par une autorité réelle et qu'une protection du consommateur vous reste acquise si quelque chose tourne mal.
L'habitude la plus utile pour tout utilisateur de crypto-actifs aujourd'hui reste la vérification : avant de faire confiance à une plateforme, confirmez son agrément directement auprès de l'autorité compétente ; pour les utilisateurs de l'UE, cela veut dire consulter le registre officiel de l'ESMA. Sur un marché qui se concentre rapidement autour des acteurs agréés, choisir une plateforme dûment réglementée n'est pas seulement l'option la plus sûre : c'est de plus en plus la seule qui soit légale.
Notre dépouillement du registre de l'ESMA
Combien de prestataires sont réellement agréés, où ils sont établis et combien peu d'entre eux peuvent exploiter une plateforme de négociation : nous l'avons compté le 6 août 2026 à partir du fichier officiel. Le résultat complet, graphiques compris, figure dans notre analyse du registre MiCA de l'ESMA : 329 agréments, 322 entités juridiques et 21 plateformes de négociation seulement. Lors de notre consultation du 21 octobre 2026, 374 agréments sont valables, dont 22 autorisent l'exploitation d'une plateforme de négociation.
Parmi les grandes plateformes, Coinbase, Bitpanda, OKX, Bybit EU, Kraken et Crypto.com sont agréées au titre de MiCA, tout comme eToro, Trade Republic, Bitstamp, Bitvavo, Gemini ou Swissborg, et depuis le 13 octobre 2026 BingX EU. Notre liste plus bas sur cette page indique pour chacune le pays et la date de l'agrément, vérifiés dans le registre CASP de l'ESMA le 21 octobre 2026.
Binance a-t-il une licence MiCA ?
Non. Au 21 octobre 2026, aucune société Binance ne figure comme prestataire agréé dans le registre CASP de l'ESMA, pas même une filiale européenne. Il en va de même pour MEXC, BloFin, Bitunix et d'autres plateformes de notre liste. Avant de déposer des fonds, vérifiez l'entité juridique avec laquelle vous contractez.
BingX a-t-il une licence MiCA ?
Oui, depuis le 13 octobre 2026. L'entité agréée est BingX EU, juridiquement MEGE zweite GmbH en Autriche, supervisée par la FMA. La protection MiCA ne vaut que pour les comptes ouverts auprès de cette société européenne.
Bitunix a-t-il une licence MiCA ?
Non. Bitunix ne figure pas dans le registre de l'ESMA et ne peut donc pas proposer de services sur crypto-actifs au titre de MiCA aux clients de l'UE.
BloFin a-t-il une licence MiCA ?
Non. BloFin n'a aucune entrée dans le registre de l'ESMA.
Pionex a-t-il une licence MiCA ?
Pas sous ce nom. La plateforme internationale de Pionex ne figure pas dans le registre de l'ESMA. Webot, qui se présente comme l'ancien Pionex US, est en revanche agréé : Pionew Ireland Limited détient depuis le 18 décembre 2025 un agrément de la Banque centrale d'Irlande, et son offre européenne passe par webot.com/eu.
Consultez le registre CASP publié par l'ESMA et recherchez le nom exact de l'entité juridique, par exemple Payward Europe Solutions pour Kraken ou Foris DAX MT pour Crypto.com. En France, l'AMF publie aussi la liste des prestataires qu'elle a agréés. Notre analyse du registre MiCA de l'ESMA explique comment lire ce fichier.
Depuis la fin de la période transitoire, une plateforme sans agrément ne peut plus proposer ses services aux clients de l'UE. Transférez vos avoirs vers une plateforme agréée ou vers un portefeuille matériel, et faites-le tant que les retraits fonctionnent normalement.
Sur le marché spot, OKX facture 0,08 % maker et 0,10 % taker, Bybit EU 0,25 % et Crypto.com Exchange 0,25 % maker et 0,50 % taker (grilles consultées le 11 octobre 2026). Pour un achat ponctuel en un clic, Bitpanda facture 0,99 % sur le Bitcoin et Kraken 1 % en achat instantané.