Les informations fournies dans cet article sont uniquement à titre informatif et ne constituent pas un conseil financier. Les investissements en cryptomonnaies comportent un degré de risque élevé. Effectuez toujours vos propres recherches.

Révision de MiCA : ce que la Commission européenne pourrait changer aux règles crypto de l’UE

La Commission européenne a remis MiCA en révision après moins de deux ans et interroge, en 86 points, l’interdiction des intérêts sur les stablecoins, le staking, le prêt et la DeFi. Bruxelles reçoit les réponses jusqu’au 30 septembre 2026.

Meuble en bois aux quatre tiroirs à dossiers entrouverts remplis d’intercalaires colorés, à côté d’une corbeille à courrier vide et d’une chemise fermée
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Le règlement sur les marchés de cryptoactifs, en abrégé MiCA, s’applique dans l’Union européenne depuis décembre 2024 et devait constituer un point final : un corpus de règles unique pour les émetteurs et les prestataires, appelé à remplacer les voies nationales particulières. Moins de deux ans plus tard, la Commission européenne a rouvert ce dossier. Une consultation ciblée sur la révision de MiCA est en cours depuis le 20 mai 2026, et ceux qui souhaitent y répondre ont jusqu’au 30 septembre 2026.

Pour vous, investisseur en Allemagne, il s’agit de bien plus que d’une communication administrative venue de Bruxelles. Le questionnaire demande si l’interdiction des intérêts sur les stablecoins doit tomber, si le staking recevra des règles propres, si les prêts en cryptoactifs entreront dans le champ d’application et si les plateformes de négociation vous donneront demain un accès plus facile ou plus difficile à la liquidité située hors de l’Union. Ce sont les réglages qui décideront des produits qu’une plateforme crypto réglementée par MiCA aura seulement le droit de vous proposer dans deux ans.

Une précision d’emblée, car les résumés l’escamotent volontiers : aucune de ces modifications n’a été adoptée à ce jour. La Commission recueille des avis. Ce texte met en ordre ce que le document dit réellement, sa portée juridique et le calendrier réaliste qui l’accompagne.

La révision de MiCA en chiffres : 86 questions, quatre volets, un questionnaire

Le document de consultation émane de la direction générale de la stabilité financière, des services financiers et de l’union des marchés des capitaux de la Commission européenne et porte la date du 20 mai 2026. Il compte 86 questions numérotées, dont beaucoup comportent des sous-questions et des échelles d’évaluation de 1 à 5. La Commission demande expressément des éléments de preuve : un exposé clair, assorti autant que possible de données, d’exemples concrets et de références juridiques.

Seul compte ce qui parvient par le questionnaire en ligne. Le document le dit sans ambiguïté : seules les réponses déposées via le questionnaire alimentent le rapport de synthèse. Un courriel à l’adresse de l’unité compétente sert aux demandes de précision, mais ne remplace pas une réponse.

Les quatre parties du document

La consultation épouse l’architecture de MiCA :

  • Partie 1 – champ d’application et définitions (titre II) : ce qui constitue un cryptoactif au sens du règlement, le fonctionnement du régime du livre blanc et les règles de commercialisation.
  • Partie 2 – jetons se référant à un ou des actifs et jetons de monnaie électronique (titres III et IV) : de loin le volet le plus long, avec les exigences prudentielles, les réserves, le classement comme « significatif », les droits au remboursement et l’interdiction des intérêts.
  • Partie 3 – prestataires de services sur cryptoactifs (titres V et VI) : le catalogue des services, les fonds propres, les groupes multifonctions, les obligations de déclaration et l’articulation avec DORA et la directive révisée sur les services de paiement.
  • Partie 4 – au-delà du champ d’application actuel : la finance décentralisée, le staking, le prêt et l’emprunt en cryptoactifs ainsi que les jetons non fongibles.

Une proposition subordonnée de l’introduction trahit l’orientation politique : la Commission entend profiter de l’occasion pour établir si les charges administratives issues de MiCA et de ses mesures d’exécution peuvent être « simplifiées, réduites ou supprimées purement et simplement ». Dans le même mouvement, elle réaffirme le principe de neutralité technologique, selon lequel la réglementation ne doit pas pousser les acteurs de marché vers une technique déterminée.

La révision n’est pas une idée spontanée de la Commission. MiCA a inscrit sa propre révision dans le texte. L’article 140 impose à la Commission de rendre compte de l’application du règlement ; l’article 142 porte sur les évolutions de marché qui n’étaient pas couvertes lors de son adoption. C’est précisément ce que le document de consultation invoque.

Balkengrafik: 90-Tage-Kursveränderung der größten Kryptowerte
Les principaux cryptoactifs sur 90 jours, d’après les données de CoinMarketCap

Le second point explique pourquoi la partie 4 fait apparaître des sujets absents du texte de MiCA de 2023. Pour l’article 140, la Commission associe en outre l’Autorité bancaire européenne, l’ABE, et l’autorité des marchés financiers, l’ESMA.

La formulation figurant sur la page de consultation elle-même est déterminante pour la lecture : le rapport pourra, « lorsque cela est justifié », être accompagné d’une nouvelle proposition législative modifiant et complétant le règlement. Une proposition est donc possible, mais elle n’est pas promise. Lire la consultation comme une réforme adoptée revient à la surinterpréter.

Deux échéances en circulation : le document indique le 31 août, la page de la Commission le 30 septembre

Un examen attentif s’impose ici, car les deux indications proviennent de la même source et divergent pourtant. Dans le PDF du document de consultation, daté du 20 mai 2026, figure la demande de répondre via le questionnaire en ligne « au plus tard le 31 août 2026 ». Sur la page de consultation de la Commission, en revanche, un avis d’extension apparaît en tête, et les données clés retiennent comme échéance le 30 septembre 2026 à 23 h 59, heure d’été d’Europe centrale. Le statut y est « ouvert », avec le 20 mai 2026 comme date d’ouverture.

L’indication la plus récente, celle du site, fait foi ; le PDF reflète l’état au moment de la publication. Conséquence pratique : les analyses du début de l’été 2026 citent toutes le 31 août. Qui s’appuie sur un tel résumé garde en tête une date décalée d’un mois entre-temps.

Qui est appelé à répondre

La Commission décrit sa cible de façon étroite : les représentants du secteur des actifs numériques, soit les prestataires de services sur cryptoactifs et les émetteurs, ainsi que les autorités, superviseurs nationaux ou européens, banques centrales et ministères des finances. Une consultation ciblée s’adresse donc à un public spécialisé. Sur la même page, la Commission renvoie de surcroît à une consultation publique connexe, qui touche un cercle plus large. En tant qu’investisseur particulier, vous ne perdez aucun droit opposable en laissant passer le 30 septembre. Ce texte porte sur un aperçu des règles sous lesquelles vous négocierez plus tard.

Les plateformes crypto réglementées par MiCA comparéesLes plateformes crypto réglementées par MiCA comparées

Partie 1 : la frontière entre MiCA et MiFID pour les instruments financiers tokenisés

MiCA connaît trois catégories : les jetons se référant à un ou des actifs (ART), les jetons de monnaie électronique (EMT) et tous les autres cryptoactifs. Ce qui relève par ailleurs de la qualification d’instrument financier tombe sous le droit boursier classique, avec MiFID, MiFIR, le règlement sur les abus de marché et le règlement Prospectus. Dès l’ouverture, la consultation pose la question de principe : cette partition doit-elle demeurer, ou bien tout actif inscrit sur une chaîne de blocs relève-t-il de MiCA ?

La Commission demande en outre quelles catégories sont les plus difficiles à classer en pratique, en citant les jetons hybrides, les actifs enveloppés, les parts de fonds tokenisées, les instruments du marché monétaire tokenisés, les jetons de gouvernance, les positions synthétiques ainsi que les actifs commercialisés comme jetons non fongibles mais émis en série.

Pour vous, cette question de frontière a un noyau très concret : ce classement décide du niveau de protection applicable aux actions tokenisées et aux produits comparables que plusieurs plateformes proposent désormais dans l’Espace économique européen. Sous le droit boursier s’appliquent l’obligation de prospectus et des règles de protection des investisseurs que MiCA ne connaît pas sous cette forme.

L’interdiction des intérêts des articles 40 et 50 : la question 20 remet en jeu la principale règle applicable aux stablecoins

Ce passage explique à lui seul l’intérêt de la consultation pour les investisseurs particuliers. MiCA interdit aux émetteurs, aux offreurs et aux prestataires d’accorder des intérêts ou une rémunération assimilable à des intérêts sur les stablecoins. L’interdiction figure à l’article 40 pour les jetons se référant à un ou des actifs et à l’article 50 pour les jetons de monnaie électronique.

La question 20 revient en substance à demander : cette interdiction doit-elle être modifiée ? Deux options sont proposées par type de jeton, à savoir maintenir l’interdiction ou autoriser les intérêts, soit pleinement, soit sous conditions définies. Qui coche « autoriser » est invité à motiver sa réponse.

Ce qui en dépend pour votre portefeuille

Tant que l’interdiction s’applique, un stablecoin en euros ou en dollars émis dans l’Union reste un pur instrument de paiement et de règlement, sans rendement courant. Les rendements sur les soldes en stablecoins naissent aujourd’hui en dehors de l’émetteur, par des programmes de prêt ou des stratégies de placement, chacun avec ses propres risques et son propre traitement fiscal. Si l’interdiction tombait, des stablecoins rémunérés pourraient devenir un produit concurrençant directement les comptes sur livret et les fonds monétaires. C’est exactement l’enjeu concurrentiel que la Commission soulève dans la question : la position des stablecoins émis dans l’Union face aux solutions rémunératrices d’autres juridictions.

Nous avons détaillé à quoi ressemble aujourd’hui le cadre prudentiel de ces jetons et quelles entreprises détiennent réellement un agrément en Europe dans le registre MiCA des émetteurs de stablecoins.

Réserves, quotités minimales de 30 et 60 pour cent et la question du compte en banque centrale

Le volet consacré aux réserves est plus technique, mais il décide de la solidité d’un stablecoin le jour où cela compte. La Commission demande si le régime de liquidité et de réserve applicable aux jetons se référant à un ou des actifs doit être assoupli, maintenu ou durci. Sont évoquées à cette occasion les obligations de détention de réserves, les parts minimales prescrites de 30 et 60 % respectivement, l’audit et la conservation.

Pour les jetons de monnaie électronique émis par des établissements de monnaie électronique, la question posée est de savoir si la part de 30 à 60 % placée en dépôts bancaires est appropriée. Plus loin, la consultation explore trois briques connues du droit bancaire : la possibilité pour ces émetteurs de déposer leurs réserves directement auprès d’une banque centrale, la nécessité d’un régime de résolution qui leur soit propre, et l’ouverture à leur profit d’un soutien de liquidité en cas d’urgence.

Le lien pratique est simple : plus la réserve est proche de la monnaie de banque centrale, plus le risque qu’une banque en difficulté se répercute sur le droit au remboursement est faible.

Stablecoins mondiaux et modèle d’émission multiple : ce qui resterait dans l’Union en cas de ruée

Le volet le plus délicat sur le plan géopolitique traite des jetons qui circulent simultanément dans plusieurs juridictions et y sont émis par des sociétés différentes, alors qu’il s’agit techniquement du même jeton. La Commission fait évaluer toute une série de risques, parmi lesquels le risque de ruée avec épuisement des réserves détenues dans l’Union, une répartition déséquilibrée des réserves entre pays, des restrictions aux transferts transfrontaliers en cas de crise, l’arbitrage prudentiel par l’interchangeabilité des unités, ainsi que les pays tiers aux normes de surveillance plus faibles.

En regard, elle teste la disposition à adopter des garde-fous. Sont discutés, entre autres, des droits au remboursement préférentiels pour les jetons effectivement en circulation dans l’Union, une limitation du remboursement aux clients de prestataires agréés dans l’Union, des droits différenciés en cas de crise entre détenteurs particuliers et institutionnels, des coussins de liquidité propres à l’Union, ainsi qu’une obligation de déclaration des réserves et de la liquidité quasiment en temps réel.

Deux autres questions montrent à quel point le terrain reste ouvert : MiCA doit-il instaurer un régime d’équivalence pour les stablecoins mondiaux, qui s’en remettrait sous conditions à des cadres juridiques étrangers ; et la règle actuelle, qui traite tout jeton de monnaie électronique libellé dans une monnaie de l’Union comme offert dans l’Union, freine-t-elle plutôt le rôle international de l’euro ?

Aucun ART agréé : ce que la question 12 dit du marché des jetons se référant à un ou des actifs

L’une des rares affirmations factuelles fermes du document se trouve à la question 12. Après près de deux ans d’application, aucun jeton se référant à un ou des actifs n’a été agréé sous MiCA dans l’Union. La Commission demande si cela tient à l’absence d’intérêt du marché ou aux exigences d’agrément et de réglementation elles-mêmes, et fait évaluer les deux facteurs sur une échelle.

Vient ensuite la question de savoir à quoi de tels jetons doivent servir du point de vue des consommateurs et des investisseurs, comme placement ou comme moyen de paiement et d’échange. La formulation est remarquablement ouverte pour une autorité qui a elle-même créé la catégorie.

Partie 3 : test du caractère approprié pour les prestataires et accès à la liquidité hors de l’Union

Dans le volet consacré aux prestataires, la Commission demande quels services devraient être ajoutés au catalogue MiCA et quelles exigences s’appliqueraient alors. Une proposition vous concerne directement : un test du caractère approprié pour la réception et la transmission d’ordres, l’exécution et le placement de cryptoactifs. Vous le connaissez du métier titres sous la forme d’un questionnaire sur vos connaissances et votre expérience avant la première opération sur un type de produit.

Pour les groupes qui combinent des services crypto avec d’autres activités réglementées ou non réglementées, le débat porte sur la suffisance de la gouvernance actuelle ou sur la nécessité de rapports consolidés, de collèges de superviseurs ou d’une surveillance sur base consolidée.

La question la plus importante pour la structure de marché est de savoir si MiCA permet suffisamment aux consommateurs et aux investisseurs de l’Union d’accéder aux lieux de négociation et de liquidité situés hors de l’Union, ou s’il restreint excessivement cet accès. Qui a déjà constaté qu’un jeton n’est que faiblement négociable, voire pas du tout, chez les prestataires européens connaît le versant pratique de cette question. En complément, il s’agit d’établir si la révision de la directive sur les services de paiement a levé l’incertitude quant aux services crypto qui sont en même temps des services de paiement.

Partie 4 et DeFi : les critères censés définir la décentralisation intégrale

MiCA exclut de son champ les services fournis de manière intégralement décentralisée et sans intermédiaire. Ce que cela signifie exactement ne figure toujours pas dans le texte. La consultation livre pour la première fois une grille de critères d’appréciation et demande quelles caractéristiques indiquent qu’une application n’est justement pas intégralement décentralisée et entre donc dans le champ d’application.

Sont cités un intermédiaire identifiable, le pilotage par des clés d’administrateur, une concentration des droits de vote dans la gouvernance, la conservation des avoirs des utilisateurs, un code qui n’est pas ouvert ainsi que la commercialisation d’un protocole par une personne ou une société identifiable.

Pour les protocoles qui passent cet examen, la Commission demande à la question 62 si les risques doivent être saisis indirectement par l’intermédiaire des prestataires réglementés. Sont proposés des devoirs de diligence des prestataires envers les protocoles auxquels ils raccordent leurs clients, une responsabilité pour certains incidents ainsi que des obligations d’alerte et d’information.

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Certification des contrats intelligents : la proposition structurellement la plus lourde du document

L’idée qui va le plus loin est celle d’un schéma de certification des applications décentralisées. Le document définit la certification comme la preuve qu’une application est protégée de manière robuste contre les vulnérabilités du contrat intelligent et contre les risques opérationnels, et qu’elle fonctionne comme elle le décrit publiquement.

Skala des Fear-and-Greed-Index mit dem Verlauf der vergangenen 90 Tage
L’indice de peur et d’avidité situe le sentiment de marché entre peur extrême et avidité extrême

Presque tout reste ouvert : un tel schéma doit-il couvrir l’ensemble des services MiCA, la certification revient-elle à des organismes privés ou publics, seuls les protocoles significatifs sont-ils visés, mesurés par exemple aux capitaux immobilisés, et les prestataires réglementés se verraient-ils interdire de raccorder leurs clients à des protocoles non certifiés ? Si cette dernière variante l’emportait, ce serait le changement le plus sensible pour les utilisateurs qui passent d’une plateforme réglementée à des applications décentralisées.

Staking, prêts en cryptoactifs et NFT : trois domaines sans règles propres dans MiCA

La question 66 demande si l’approche actuelle, qui ne réglemente pas séparément les services de staking, est appropriée et, dans la négative, quelles exigences devraient s’appliquer aux prestataires. Aujourd’hui, les offres de staking relèvent avant tout des obligations générales de conservation et d’organisation. Nous avons décortiqué quels prestataires ont de ce fait besoin d’un agrément et comment vos revenus sont traités en Allemagne dans notre article consacré au staking sous MiCA.

La question 67 porte sur le prêt et l’emprunt en cryptoactifs. La Commission veut savoir si ce domaine doit être réglementé et sur quels éléments une telle réglementation devrait reposer. Pour les jetons non fongibles, la question est posée plus simplement : l’état du marché des NFT justifie-t-il de réglementer les prestataires ? En vertu de l’article 2, paragraphe 3, de MiCA, les cryptoactifs uniques et non fongibles en sont jusqu’ici exclus.

Pourquoi ces trois points vont ensemble

Le staking, le prêt et le négoce d’objets de collection sont les domaines dans lesquels les investisseurs européens évoluent aujourd’hui le plus souvent hors du cadre réglementé. S’ils entrent dans le champ d’application, la protection des investisseurs progresse et, dans le même temps, une partie de l’offre actuelle disparaît du marché européen. La Commission aborde elle-même ce conflit d’objectifs dans l’introduction, lorsqu’elle place la compétitivité internationale de l’Union à côté du niveau de protection.

Marchés prédictifs, contrats à terme perpétuels et dépôts tokenisés : les lacunes depuis 2023

La section 4.4 du document nomme deux évolutions qui n’existaient pas à cette échelle lors de l’adoption de MiCA : les marchés prédictifs sur chaîne de blocs et le volume de négociation des contrats à terme perpétuels sur cryptoactifs. La Commission demande si les marchés prédictifs présentent des opportunités ou des risques pour les consommateurs de l’Union et s’ils relèvent de MiFID ou de MiCA. Elle pose la même question de rattachement pour les contrats à terme perpétuels.

S’agissant des dépôts tokenisés, c’est-à-dire des représentations numériques d’avoirs auprès de banques commerciales, l’enjeu est l’articulation avec le droit prudentiel bancaire et avec la garantie des dépôts. Pour les épargnants, c’est le point dont la portée est la plus large, car c’est là que passe la frontière entre un avoir bancaire et un instrument crypto.

Ce que la révision de MiCA signifie pour vous, investisseur en Allemagne

Le catalogue de questions autorise quelques conclusions sobres. Premièrement : rien de tout cela ne change votre situation juridique aujourd’hui. Le règlement s’applique inchangé, et votre prestataire continue de travailler sous les règles au titre desquelles il a été agréé.

Deuxièmement : la direction du débat est visiblement double. Sur le champ d’application, la tendance va plutôt vers l’élargissement, puisque la DeFi, le staking, le prêt, les marchés prédictifs et les contrats à terme perpétuels sont tous examinés. Sur les obligations des prestataires déjà réglementés, en revanche, c’est la simplification qui est sur la table, explicitement sous le mot d’ordre de la réduction des charges administratives.

Troisièmement : deux points sont tangibles pour votre portefeuille. L’interdiction des intérêts décide si des stablecoins rémunérés émis par des acteurs agréés verront un jour le jour dans l’Union. Et la question de l’accès à la liquidité hors de l’Union contribue à décider de l’ampleur future de l’offre de négociation chez les plateformes européennes.

Comment reconnaître un traitement sérieux du sujet

Comme de nombreux textes sur la réforme de MiCA paraîtront dans les prochaines semaines, une vérification simple aide. Regardez si un article distingue entre une question posée dans le document de consultation et une décision de la Commission. Des formulations telles que « l’Union autorisera désormais les intérêts sur les stablecoins » ne sont pas étayées à ce stade. Ce qui est étayé, c’est uniquement que la Commission interroge l’option. Une seconde vérification porte sur l’échéance : qui cite encore le 31 août 2026 travaille sur l’état du document initial.

Calendrier : du questionnaire au rapport, jusqu’à une éventuelle proposition législative

La suite découle du règlement et du déroulement habituel à Bruxelles. La phase de réponse court jusqu’au 30 septembre 2026. La Commission dépouille ensuite les retours et publie les réponses dont la publication a été autorisée. De ce matériau naît le rapport prévu aux articles 140 et 142, auquel l’ABE et l’ESMA sont associées.

Ce n’est qu’une fois ce rapport disponible et si la Commission voit un besoin d’agir qu’une proposition législative suivra, le cas échéant. Celle-ci devrait ensuite parcourir la procédure ordinaire avec le Parlement et le Conseil, et les délais de transition ne commenceraient qu’après. Entre la consultation d’aujourd’hui et une règle modifiée s’étend donc, de façon réaliste, un chemin de plusieurs années. Pour vos décisions de placement de l’année en cours, la consultation est un indicateur avancé, non une consigne d’action.

La documentation en une phrase

Toutes les indications de ce texte proviennent du document de consultation de la Commission européenne et des données clés qui y figurent ; la mise en perspective des 86 questions et des quatre volets rejoint l’analyse du cabinet Freshfields du 5 juin 2026, qui cite toutefois encore l’ancienne échéance.

Révision de MiCA : ce qu’il faut en retenir

  1. Distinguez la question de la décision. Tout ce que vous lirez dans les prochains mois sur un assouplissement des intérêts sur stablecoins ou sur des protocoles DeFi réglementés reste, jusqu’à nouvel ordre, une position dans un questionnaire. Continuez donc d’examiner vos revenus courants au regard du droit actuel, par exemple dans le comparatif des plateformes de staking.
  2. Regardez d’où viennent vos intérêts aujourd’hui. Puisque aucun intérêt n’est autorisé sur les stablecoins eux-mêmes, tout rendement provient d’une opération supplémentaire assortie de son propre risque de contrepartie. Qui prête des avoirs devrait en connaître les conditions et les sûretés ; notre comparatif du prêt crypto montre en quoi les modèles diffèrent.
  3. Tenez vos justificatifs au propre. Si le cadre change, les circuits de déclaration et les obligations de preuve changent aussi. Un enregistrement sans lacune de vos achats, de vos ventes et de vos revenus coûte peu d’efforts aujourd’hui et en épargne beaucoup plus tard ; vous trouverez les outils nécessaires dans le comparatif des outils fiscaux et de suivi de portefeuille.

(Au 18 août 2026. Cet article ne constitue pas un conseil en investissement. Les cours et les grilles tarifaires évoluent ; vérifiez les conditions auprès du prestataire avant tout achat.)

Note de transparence : Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle et relu par notre rédaction avant publication. Tous les chiffres et affirmations ont été vérifiés à partir des sources primaires liées dans le texte. L’image d’illustration a été générée par IA.

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